Présentation des projets de synthèse . UE20

Nous avons terminé l’année 2016-2017 par la présentation des projets de synthèse d’Unité d’Enseignement 20. Cette épreuve qui clôture la validation du Diplôme des Métiers d’Art Costumier-réalisateur a été l’occasion pour le jury d’apprécier la démarche de recherche, les qualités de réalisation et de communication mises en place par chaque étudiante pour un projet professionnel concret.
11 étudiants sur les 13 engagées dans la formation cette année ont vu leur projet et leur diplôme validés par le jury. L’équipe pédagogique félicite l’investissement et les qualités professionnelles de chacun. En vous remerciant pour ces deux années, bonne continuation !

Publicités

Art . Yasmina Reza . TgStan . Théâtre Garonne

« Dans cette mise en scène, les compagnies Tg STAN et Dood Paard revisitent Art, pièce de Yasmina Reza écrite en 1994. Les comédiens de ces deux compagnies ont pour particularité de se passer de metteur en scène.
Art présente une confrontation de points de vue prenant pour prétexte l’art contemporain. Alors que la mise en scène nous demande à quel moment commence le spectacle et donc s’il y a une frontière entre notre monde et celui de la pièce, celle-ci s’interroge sur ce qui peut être considéré ou non comme de l’art. En découlent une série de questions sur la légitimité de l’art contemporain, la cotation des artistes et de leurs œuvres ou encore le marché de l’art contemporain en tant que business. Chacun des trois personnages de la pièce a une opinion bien différente sur le sujet et en vient à l’exprimer lorsque l’un d’entre eux achète un tableau représentant de fins liserés blancs sur fond blanc pour 200 000 francs. Prenant comme point de départ leurs réactions à la nouvelle, extrêmes ou bien plus modérées, les trois amis voient quinze ans d’amitié s’ébranler alors que la dispute devient plus personnelle, les vieilles rancœurs et les non-dits (inutiles) faisant surface. Interprétée avec beaucoup d’humour, cette pièce présente de façon touchante l’amitié de personnes diamétralement opposées et la tendresse qu’ils éprouvent les uns pour les autres malgré leurs différences, les poussant à laisser leurs désaccords derrière eux afin de sauver leur relation. »
D.B.

Les oiseaux . Laurent Pelly . TNT

Dans un espace lunaire mais artisanal, distordu, à la rencontre de la cime des arbres, deux voyageurs entrent au pas de course. Ils viennent de fuir Athènes. Ils ont un rêve : fonder une ville merveilleuse d’où l’oligarchie et les privilèges seraient bannis.
Aristophane propose une peinture délicieusement satyrique de la société de son temps. Mais la pièce est résolument universelle. Elle fait la critique des Hommes et de leur soif de pouvoir. Les mots claquent. Le texte antique résonne avec justesse à nos problématiques d’aujourd’hui. Où établir la ville ? Avec qui ? Qui dominerait ? Quelles en seraient les lois et comment la gérer ? Comment ne pas lire dans ces questionnements des thèmes d’actualité brulante comme ceux des migrants ou des présidentielles ?
Laurent Pelly en propose une restitution puissante, drôle et entraînante. Il insère des clins d’oeil aux moeurs et travers de notre société. Ses oiseaux adoptent une gestuelle animale qui repousse les limites du corps humain. Leurs ailes de bois soulignent d’abord leur combat contre les intrus puis leur alliance avec eux. Ils occupent tout l’espace de toute leur agitation. Ils dansent, courent et discourent avec force. Les protagonistes prennent la pose et composent des tableaux de clair-obscur évocateurs. Le décor et la prestation des comédiens renforcent la vivacité de la pièce.

La Belle Paule . Louis Denayrouze . François Jacquet . théâtre du centre . Colommiers

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Une beauté cloitrée, un mari possessif, un amoureux transit, un joueur de luth, un scaphandrier ?
L’histoire de La Belle Paule nous est contée en vers et en musique par une troupe de comédiens du XIXème siècle. Nous suivons Louis Denayrouze, co-inventeur avec son frère Auguste du scaphandre autonome, et sa troupe qui tentent de réinventer la vie de Paule de Viguier par le biais du théâtre. Nous plongeons donc au travers de deux époques différentes, le XIXème siècle  et la Renaissance dans un parti pris à la fois historique et teinté de steampunk.
La légende nous décrit une femme d’une immense beauté, obligée de vivre recluse chez elle étant donné le nombre de prétendants qui l’assaillent. Malgré les protestations de son mari qui veut être le seul « à jouir de son bien »…elle sera forcée, par un arrêté des Capitouls, de se montrer en public une fois par semaine pour satisfaire les foules.
Au beau milieu d’un atelier, des costumes renaissance apparaissent : une nappe, une pendule, les bras et les jambes du scaphandre, tous ces éléments du décor transforment nos acteurs pour changer de lieu et d’époque.
Un spectacle dans le spectacle qui se destine aux grands comme aux petits et qui n’hésite pas à faire participer les spectateurs pour plus de plaisir. C’est donc dans une atmosphère conviviale que nous avons assisté à la première de ce spectacle pour lequel nous avons eu le plaisir de travailler.

Macbeth (The Notes) . Dan Jemmett . Théâtre Sorano

d’après Macbeth de Shakespeare
mise en scène de Dan Jemmett, interprété par David Ayala
« Rayan c’est très beau, c’est super ce que tu as fait! » s’exclame l’homme sur scène, en s’adressant à un spectateur. Nous assistons aux notes du metteur en scène après la répétition de Macbeth. David Ayala s’agite en costume noir et converse, sur la scène avec un sol pas fini, décoré seulement d’une table et d’une chaise, il farfouille dans son carnet de notes et les commente tantôt inspiré, exaspéré, démuni ou frénétique. Tout le monde y passe, du premier rôle aux figurants, de la lumière au son, (Giovani qui d’ailleurs n’est pas là, « faudra lui envoyer par mail, hein Claire »). Avec humour ces notes nous montrent l’élaboration d’une pièce d’un autre point de vue souvent méconnu des spectateurs, le temps de montage. On partage la vision torturée d’un artiste créateur. Il glisse subtilement tout un tas de références qu’elles soient artistiques ou politiques. Il critique aussi bien les médias que les metteurs en scène finalement en démontrant leur égo. Ces notes sont rythmées par des interprétations du metteur en scène d’extrait de Macbeth éclairés par une douche en plus d’une résonance dans le micro pour accentuer l’effet de gravité. On peut penser qu’ainsi il montre ce qu’il attend de ses acteurs.
J’ai adoré assister à ces notes, d’une part pour son regard sur le théâtre, son comique mais également car le metteur en scène m’a désignée comme Diane, une des trois sorcières. On se sent alors impliqué, on a l’impression de vraiment faire partie de la pièce. Car c’est le cas, l’interprète joue et improvise chaque soir aussi en fonction du public qu’il a.
La pièce ne manque pas de finir par une image choquante et marquante qui nous replonge dans la violence de ce monument qu’est Macbeth.

L’envol des cigognes . Simon Abcarian . TNT

« Qu’il se mange lui même [le monde] », voilà une des phrases qui résonne pour nous de ce spectacle. Une vie en temps de guerre magnifiquement orchestrée par une scénographie changeante, entrecoupée de disputes de famille. Le jeu des acteurs nous plonge dans un univers tourmenté, qui, interroge sur de nombreuses questions ou clichés. La vengeance et la justice, l’immigration, la place de la femme, la vie et la mort. Interprétés à merveille par une dizaine d’acteurs, ces personnages sont tous plus caractéristiques les uns que les autres. Parmi eux, un philosophe aviné qui expose ses critiques sociétales, politiques et assure quand il fixe le soleil, que « c’est lui qui se met de la crème ». Un humour tranché parfois dur. Une représentation, qui nous livre à nos questionnements sur les horreurs de la guerre, dont la violence morale est bien plus meurtrière que la violence physique. Un spectacle à voir sans avoir peur d’y laisser couler quelques larmes.
A.B.

Enregistrer